De
la Fédération Internationale Culturelle Féminine
N°27 - janvier 2003
Association loi 1901
Présidente fondatrice : Madame Périgot de La
Tour
55 av Victor Hugo 75116 Paris
MOISSON D'AUTOMNE
Chaque année, l'art se conjugue au féminin à la Fédération Internationale Culturelle. Pas moins de cinquante-six participantes représeiifent quinze pays.
Dès l'entrée, une marine de feue Madame PERIGOT DE LA TOUR
nous interpelle, bien qu'allant à l'inverse de la tendance des oeuvres
présentées, plutôt abstraites. Une élégante résine d'or d'Isabelle
BENE nous invite à débuter la visite. Haute en couleurs, l'acrylique
sur panneaux de ZIMMERMANN fait le pendant avec la toile
d'EMY, une compsition où palpite la lumière dans l'espace.
Les deux colonnes de Brigitte BEIER reflètent l'amour, tout
les oppose et pourtant elles sont inséparables. Un hommage vibrant
à Baudelaire par Karin FRIEDRICHS traduit le mysticisme de
l'auteur des "Fleurs du mal", tandis que la harpe éolienne de Geneviève
GOSSOT nous invite aux muettes rhétoriques de l'exotisme. Dans
la "Mémoire du Temps", Régine HALIMI livre les stigmates
de l'Histoire, tout comme les totems de verre et de cuivre par GOLD-DALG
rappellent la culture caraïbe.
IOANA nous dévoile les miettes d'amour disséminées dans
les brumes de l'incertitude et Yolande SALMON-DUVAL porte
un regard nostalgique sur le passé au travers de ses toiles naïves.
Bien enlevée, l'oeuvre de Marie-Bernadette POINDEFER s'interroge
sur la mémoire et l'existence, à l'instar de Madeleine SERGIO
qui expose les principaux épisodes de sa vie. Aletta BAKKER, artiste
verrier, est en symbiose avec les éléments et Georgeta GRABOUSCHI
murmure le silence des corps.
Dans le monochrome bleu de Teresa TYSZKIEWICZ des milliers dépingles symbolisent l'humanité
depuis sa création, là, où BITA garde l'espoir dans l'avenir iranien, symbolisé par un mur fontière où percent à nouveau
les éclats prometteurs d'un soleil éblouissant, et Shahrzad ELMI
propose un tapis de lumière digne du jardin des Hespérides. Très
certainement, les plus belle oeuvres de l'exposition, les rues croquées au pastel et huile de MARGALL pérénisent le souvenir du
vieux Paris. Nous aurions mieux aimé les créations originales d'Isabelle PERIGOT comme la colombine de KERBAOL si celles-ci avaient
été sublimées par des jeux de lumière. Enfin, citons la russe Alla RUSU, l'américaine Jennifer KIERNAN, la grecque Iris XILAS-XANALATOS
ou l'iranienne Mahin NOORMAH, cette dernière alliant l'élégance à la pureté des sentiments et une mention particulière à SHAMILA.
Une exposition qui prouve que l'art et le bon goût peuvent s'opposer avec succès à d'autres qualifiées de sublimes qui ne sont en fait
que grotesques, voire pitoyables.
Critique de Daniel CHUDET parue dans la revue Côté Arts.